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Le Bugue

La mémoire de la commune

Le Bugue est une commune française située dans le département de la Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine. De 1790 à 2015, la commune était le chef-lieu du canton du Bugue.

Au fil de l’histoire

Au confluent du ruisseau de Ladouch et de la Vézère, Le Bugue fut habité dès la préhistoire (grotte de Bara-Bahau).

Le Bugue est un chef-lieu de centaine au IXe siècle. Les Annales bénédictines, tome 1, p. 47 citent un acte de 856. Les centaines ont été créées par Clotaire II et Childebert II en 595 et 596 et remplacées par les archiprêtrés au Xe siècle. Un archiprêtré du Bugue est déjà cité au Xe siècle. L'abbaye de bénédictines dédiée sous le titre du Saint Sauveur est fondée vers 964 par Adélaïde de Montignac, épouse de Grimoard. L'église Saint-Marcel dépend de cette abbaye. L'église Saint-Sulpice se trouvant près de la Vézère est celle de la paroisse du Bugue, dépendant du diocèse de Périgueux.

Le Bugue connut une période de prospérité jusqu'en 1154, date à laquelle le Périgord devint province anglaise : étant souvent ville frontière entre les troupes anglaises et celles du roi de France, la communauté souffrit de sa position. Guillaume de Gourdon met le feu à la ville vers 1160 et détruit le couvent. Il est reconstruit au XIIIe siècle. Par un acte passé le 6 mai 1264 entre l'abbesse Marie de Commarque et Raymond de Bouville et ses frères, seigneurs de Limeuil, la ville du Bugue et le couvent dépendent des seigneurs de Limeuil.

Selon la bulle de création de l'évêché de Sarlat, la Vézère servait de frontière entre les deux évêchés du Périgord. L'archiprêtré du Bugue dépendait du diocèse de Périgueux.

Une des dates les plus importantes de l'histoire du Bugue reste celle de novembre 1319 quand le roi de France, Philippe le Long, ordonna par acte scellé que le marché soit tenu perpétuellement le mardi, acte toujours en vigueur au XXIe siècle.

En 1414, il ne reste plus que quelques religieuses dans l'abbaye qui confine à la ruine. Le Bugue tombe entre les mains des Anglais. Au milieu du XVe siècle, l'abbaye est dans un état déplorable. Il ne reste que deux religieuses. Gabrielle du Breuil est abbesse en 1550, mais en 1563 elle devient protestante. À la mort de l'abbesse Antoinette de Saint-Michel, en 1575, Galiot de la Tour, seigneur de Limeuil, chasse les religieuses. L'abbaye est pillée en 1577. Elle reste inoccupée pendant 28 ans. L'ancien couvent tombe en ruine. En 1677, Marie-Catherine de Rocquart est nommée abbesse, confirmée par le pape en 1681. Elle a entrepris la reconstruction de l'abbaye au bord de la Vézère. En 1686, la nef de l'église Saint-Sulpice reste à bâtir. L'évêque de Périgueux a transféré le service divin de la paroisse Saint-Sulpice dans l'église de l'abbaye. Un acte de 1691 indique que les cures Saint-Marcel du Bugue, Saint-Cirq, Monmadalès et Marnac sont rattachées à l'abbaye. En 1759, après la nomination comme abbesse d'Élisabeth d'Aubusson, un incendie dévore le couvent. Les bâtiments sont mal reconstruits car ils menacent ruine en 1781. Les biens de l'abbaye sont vendus comme biens nationaux à partir de 1791. L'église Saint-Marcel est vendue le 2 germinal an II à Antoine Lacoste.

Cité commerciale tranquille jusqu'à la Révolution — en dépit de quelques luttes fratricides entre les seigneurs de Limeuil et de Fleurac —, Le Bugue doit une partie de sa renommée au physicien Jean Rey qui découvrit les lois de la conservation de la masse 200 ans avant Lavoisier et inventa le thermoscope, ancêtre du thermomètre moderne. La halle-hôtel de ville est construite entre 1848 et 1852. La fin du XIXe siècle est marquée par l'arrivée du chemin de fer (ligne de Périgueux à Agen mise en service en 1863) et par la construction du pont sur la Vézère (dans les années 1870). L'église Saint-Sulpice a été reconstruite entre 1871 et 1876.

En septembre 1939, les habitants de la commune alsacienne de Marckolsheim ont trouvé refuge au Bugue et dans les communes voisines.

Les origines du nom

Appelée Le Bugne en 1793, la commune prend son nom actuel, Le Bugue, dès 1801.

En occitan, la commune porte le nom d'Al Buga.

Au XIXe siècle, Alexis de Gourgues publie un dictionnaire topographique du département de la Dordogne, où il recense les anciennes dénominations attribuées au lieu :

en 856, Centena Albucense, dans le cartulaire de Saint-Martin-de-Limeuil ;

en 936, Villa Albuca (Gall. ch.) ;

au XIIIe siècle, Albuces dans un pouillé ;

au XVIIe siècle, Al Bugo sur la carte du Sarladais.

Le nom originel Albuca, devenu Albuga, a subi entre le XIIIe et le XVIIe siècle une déglutination par mauvaise coupure donnant Al Buga, "Au Bugue" en français, puis Le Bugue comme dans Le Pecq (Yvelines), Alpicum au VIIe siècle.Albuca dériverait du gaulois *albuca, « pierre marneuse blanche », à moins qu'il s'agisse d’un mot gallo-roman ou de l’occitan albuga, « terre forte, argileuse, marne », d'origine gauloise.

Un patrimoine à découvrir

L'église Saint-Sulpice construite entre 1871 et 1876 avec un remarquable ensemble de 27 vitraux réalisés par Jean Besseyrias de 1874 à 1876 et un orgue Maille. Lors de la dispersion du mobilier de la chartreuse de Vauclaire à Montpon-Ménestérol, un objet inscrit en 2000 au titre des monuments historiques, a été rapatrié dans l'église Saint-Sulpice : une statue datant de 1738 représentant la Vierge à l'Enfant.

La grotte de Bara-Bahau.

Le château des Faures, XVIIIe siècle.

L'aquarium du Périgord noir.

Le parc du Bournat, écomusée de la vie périgordine à la fin du XIXe siècle.

Le Labyrinthe préhistorique.

Le musée de minéralogie et de paléontologie.

Le parc ornithologique de la « Terre des Oiseaux ».

Démonstrations et stages de souffleurs et fileuses de verres.

Des vies liées à la commune

Adrien Bels (1882-1964), agriculteur et homme politique, est né au Bugue.

Pierre Lucien Bertrand, libraire, éditeur (P.L.B éditeur), chroniqueur et rédacteur, né, vivant et exerçant au Bugue.

Jean Léon Dessalles (1803-1878), historien, écrivain, archiviste en chef du département de la Dordogne, est né et a vécu au Bugue.

Gérard Fayolle, né au Bugue en 1937, a été maire de sa commune, conseiller général du canton, président du conseil général et sénateur du département.

André Glory, dit l'Abbé Glory (1906-1966), préhistorien.

Jean René Gomaire, (1745-1805), homme politique français, député de la Convention, est mort au Bugue.

Jean Kerébel (1918-2010), athlète spécialiste du 400 mètres, mort au Bugue.

Gabriel Guillaume Lamothe-Pradelle (1850-1888), est un homme politique décédé au Bugue.

Jean Lafille (1917-1971), instituteur, préhistorien découvreur des squelettes et grotte du Roc de Marsal à Campagne, né et mort au Bugue.

Félix Lobligeois (1874-1942) est né au Bugue ; vice-président du conseil municipal de la Ville de Paris, radiologue et confrère de Pierre et Marie Curie, victime de la science.

Le paysage et le village

Le Bugue est une commune rurale implantée dans le quart sud-est du département de la Dordogne, en Périgord noir. Elle est arrosée par la Vézère, quelques kilomètres en amont de sa confluence avec la Dordogne.

Au confluent de la Vézère et d'un petit affluent, le ruisseau de Ladouch, et à l'intersection des routes départementales (RD) 31, 31E1, 703 et 710, la ville du Bugue se trouve, en distances orthodromiques, huit kilomètres au nord du Buisson-de-Cadouin et dix-sept kilomètres au nord-est de Lalinde.

Le territoire communal est également desservi par les RD 31E2 et 32E5, ainsi que par la ligne ferroviaire Périgueux-Agen, en gare du Bugue.

Entre Les Eyzies à l'est et Limeuil et Paunat au sud-ouest, le sentier de grande randonnée GR 36 traverse la commune sur dix kilomètres.

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